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Table ronde BTP Rail : vers un partenariat gagnant-gagnant SNCF et entreprises (BTP Rail – n° 16 - Mai 2017)

A l'occasion du SALON SIFER en mars dernier, BTP RAIL a organisé une table ronde faisant intervenir François Meyer, directeur ter­ritorial SNCF Réseau des Hauts de France, Jean-Pierre Audoux, Délégué Général de la FIF, Jean Bernardet, président de TSO et Franck Guelmi, Directeur des agences grands travaux ETF.

« L'enjeu est considérable, car là où legestionnaire du réseau investissait il y a 10 ans moins d'1 Md dans les travaux de modernisation, le budget est actuellement de 2,6 Md pour s'établir jusqu'en 2026 à 3 Md€», lance en guise d'introduction François Meyer, convaincu de l'intérêt de créer un espace collaboratif entre SNCF Réseau et les entreprises intervenantes. « Ce qui veut dire aussi une plus grande visibilité pour une filière toute entière et une base solide pour investir tant sur le plan humain qu'en matériels et équipements lourds », relève encore le directeur territorial de SNCF Réseau en ajoutant que Patrick Jeantet, P-DG de SNCF Réseau s'est déjà exprimé sur le sujet en indiquant que l'entreprise ne veut plus d'une filière de sous-trai­tants, mais au contraire d'une chaîne d'acteurs forts capable d'amener de l'intelligence et de nouvelles méthodes par leur propre capacité d'ingénierie.

UNE OPPORTUNITÉ POUR TOUS LES ACTEURS

Cette volonté d'ouverture chez SNCF Réseau n'est pas sans créer des doutes, voire des oppositions internes, d'autant plus marquées que cela se passe dans une entreprise centenaire monopolistique. Mais la transition est en marche, la volonté existe et les besoins en modernisation et performances du réseau français sont tels que la seule issue pour relever le défi inédit du grand projet de modernisation du réseau consiste à prôner l'ouverture et le partenariat avec d'autres intervenants. « Et je dirais même plus, une filière forte française sur le plan des travaux sur infrastructures ferroviaires est une opportunité pour notre pays d'exporter dans le monde entier son savoir-faire en matières de projets dé en main en solutions de transport et d'infrastructures », reprend François Meyer.

« L'écosystème qui est cours de construction est un modèle solide car le plan de modernisation du réseau s'inscrit dans le cadre d'un partenariat voulu par SNCF Réseau et le monde industriel, avec l'idée  fédératrice et osée d'externaliser certaines fonctions ou travaux réalisés depuis longtemps par les moyens internes de la SNCF », explique Jean-Pierre Audoux, Délégué Général de la FIF, le syndicat des industriels de la filière ferroviaire française. Les sujets pouvant illustrer cette externalisation sont déjà nombreux, notamment sur la signalisation, la  maintenance prédictive qui passera très rapidement par les objets connectés et l'automatisation avec l'apparition des postes d'aiguillage de 3ème génération. « Mais il faut bien comprendre que la réussite du contrat de partenariat voulu par SNCF Réseau avec les industriels du secteur ne pourra réussir que sur la base de la confiance et sur la durée » insiste Jean-Pierre Audoux. Un enjeu d'autant plus important que ces travaux de modernisation touchent le cœur du réseau, celui des lignes régionales ou interrégionales, soit pratiquement 16 000 km de voies. « Il est assez fantastique d'imaginer déployer un savoir-faire industriel adapté à tel enjeu, ne serait-ce que pour réduire les coûts et les délais d'exécution », ajoute le président de la FIF.

 LE POINT DE VUE DES ENTREPRISES DE TRAVAUX

Dans les premiers grands témoins de cette ouverture des marchés, Jean Bernardet, président de TSO, tient à souligner que « ce vent de confiance et de respon­sabilisation des entreprises témoigné par le grand donneur d'ordre qu'est SNCF Réseau a porté ses fruits sur un marché de première importance, celui de la rénovation du RER C en région parisienne, une zone dense par nature ». Ce projet d'envergure d'un montant de 300 M€, et portant sur le renouvelle­ment des caténaires sur 4 voies de 30 km, a ainsi été attribué sous forme de contrat en conception construction aux équipes du groupement RC2 piloté par TSO avec ETF, Setec Ferroviaire et Mobility. « Nos équipes d'Ingénieurs ont d'ailleurs été réunies au sein d'une même cellule Etudes avec les ingénieurs de SNCF Réseau. Le fait de travailler ensemble en amont des travaux ira nous permettre de trouver les meilleures solutions techniques et équipements pour traiter le chantier dans les conditions les plus favorables et dans des délais toujours plus courts », détaille Jean Bernardet. La finalité est d'industrialiser les innovations qui seront mises en œuvre sur ce pro­jet et de les intégrer dans des modèles qui pourront être reproduits dans de futurs chantiers, en France comme à l'étranger. « On planche par exemple sur des fondations de caténaires préfabriquées, des poutres télescopiques jusqu'au développement de trains travaux du type Suite Rapide pour renouvel­lement de caténaires. Bien évidemment une partie de notre travail de conception sera de sécuriser les  risques, les coûts et les délais, trois critères de réus­site sur ce projet », ajoute le président de TSO.

 UN NOUVELLE SUITE RAPIDE ZONE DENSE

« L'intervention sur un réseau en zone dense implique des méthodes d'intervention spis sur des plages horaires limitées. De plus, les bases de travaux sont forcément plus petites, tout comme la longueur des trains travaux réduite à 600 m, les obstacles beaucoup plus nombreux, les entrevoies plus étroites un ensemble de contraintes qui limite les temps de production », explique Franck Guelmi, directeur des agences grands travaux ETF. A contrario, cet environnement limitatif est source de créativité pour l'entreprise de travaux qui, par exemple, a mis au point des rames double-flux, c'est-à-dire approvi­sionnant du ballast neuf et repartant avec l'ancien matériau, et désormais des possibilités de remise en circulation à 80 km/h au lieu des 50 km/h classiques. « L'exigence de qualité est toujours aussi forte de la pan` de SNCF Réseau, mais nous sommes dans une relation ouverte où l'écoute  est grande sur nos besoins et nos difficultés », tient à souligner Franck Guelmi. Ce qui permet à François Meyer de rebondir sur cette  notion d'exigence, notamment vis-à-vis de l'enjeu de la sécurité, omniprésent à chaque étape des travaux et faisant l'objet de validation de la part du gestionnaire.

 LES INDUSTRIELS SONT DE LA PARTIE

Dans cette notion d'externalisation, différents types de partenariats fleurissent également avec les industriels. Récemment, SNCF Réseau, la Fédération des indus­tries ferroviaires (FIF) et le Syndicat des entreprises de génie Électrique et climatique (SERCE) ont signé un protocole afin de développer leur partenariat industriel sur certaines activités de signalisation ferroviaire. « Dans ce cadre, des formations qualifiantes de personnels et d'entreprises sont planifiées et un calen­drier précis a été élaboré indiquant le rôle d'accom­pagnement de SNCF Réseau. Il est prévu à terme la formation de 220 agents. La formation est une des solutions pour monter en compétences, et ceci passera par le partage de savoir-faire, comme François Meyer le soulignais en début de cette table ronde. Si nous voulons une filière forte, il faut se donner les moyens de ses ambitions », conclut Jean-Pierre Audoux.