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Maintenance, sécurité, la filière ferroviaire se réinvente (Les Echos 22/03/2017)

La filière ferroviaire est réunie à Lille jusqu’à jeudi 23 mars pour le 10 e  Salon international de l’industrie ferroviaire (Sifer). Capteurs pour prévenir en cas de défaillance, matériaux composites, géolocalisation, les nouvelles technologies se développent

Eviter un nouveau scénario catastrophe après l'accident de Brétigny. Mieux gérer le matériel en période de disette financière. Et, bien sûr, s'armer face à la concurrence. La filière ferroviaire, qui s'est donné rendez-vous jusqu'au 23 mars à Lille, à l'occasion du Sifer (Salon international de l'industrie ferroviaire), mise sur l'innovation pour répondre à ces objectifs. La capitale des Hauts-de-France n'a pas été choisie par hasard pour la dixième édition de ce rendez-vous d'affaires : c'est la première région pour l'industrie ferroviaire, avec 40 % de la production nationale et 14.000 emplois dans 270 entreprises, dont les cinq constructeurs mondiaux.

Matériaux composites

« Le monde ferroviaire est confronté à différentes formes de concurrence. Elle vient à la fois des constructeurs étrangers, qui mettent une pression sur les prix, mais aussi des autres modes de transport, en particulier la route », analyse Jean-Pierre Audoux, délégué général de la Fédération des industries ferroviaires. Une occasion pour les PME de présenter leurs dernières innovations. Knorr-Bremse, près de Reims, a développé un dispositif qui améliore le freinage des trains de fret, ce qui permet de faire circuler des trains plus longs. Plastiform, à Thise (Doubs), développe un matériau composite pour alléger les voitures et diminuer la consommation d'énergie. TE Connectivity, à Pontoise (Val-d'Oise), a créé un nouveau disjoncteur, cet appareil qui permet l'alimentation en électricité de la machine, une approche révolutionnaire d'encapsulation qui divise son poids par trois. Un objet connecté, pour optimiser sa maintenance.

Gestion du trafic

La maintenance est devenue un enjeu crucial pour la SNCF, à la fois pour assurer la sécurité et permettre de baisser les coûts, alors que ses comptes sont dans le rouge. Ce changement de paradigme de l'opérateur national est devenu une opportunité de marchés dont certains équipementiers se sont saisis, comme Prosyst ou Sogema Engineering. Crouzet, près de Reims, développe la maintenance prédictive via un capteur installé dans les moteurs qui permet d'anticiper les cas d'usure ou de casse.L'Etat vient d'accorder 2,2 millions d'euros à Mecateamcluster, au titre des investissements d'avenir, pour lancer un campus de formation aux métiers de la maintenance ferroviaire dans le bassin du Creusot-Montceau. Une plate-forme unique en France qui entrera en service fin 2018.

Position en temps réel

De nouveaux champs s'ouvrent. Le projet GEOFER (voir ci dessous) est axé sur la géolocalisation par satellite, déjà utilisée pour le guidage des avions. « Actuellement, la gestion du trafic des trains se fait via des équipements au sol », explique Thierry Chapuis, du Centre national des études spatiales, qui supervise le projet. « On pourrait les remplacer par des récepteurs à bord des trains qui permettraient de connaître leur position en temps réel, ce qui améliorerait la sécurité. On peut aussi ajouter des capteurs pour la maintenance prédictive en enregistrant d'autres mesures, comme les vibrations pour savoir si la voie a bougé ou si les aiguillages commencent à s'user », détaille-t-il. Laurent Chapuis voit s'ouvrir un « énorme champ des possibles ». Le conseil régional d'Occitanie va également lancer un appel à projets auprès des entreprises du secteur aérospatial pour transposer des technologies au transport ferroviaire. La bataille de l'innovation ne fait que commencer.